
Un gel d'actifs massif ordonné par les tribunaux
Près d'un milliard de dollars d'actifs liés au Prince Group ont été gelés par les tribunaux cambodgiens, a indiqué Chhay Sinarith, ministre supérieur, lors d'une interview accordée au Phnom Penh Post le 21 octobre. Cette décision judiciaire s'inscrit dans le cadre d'une enquête approfondie visant le fondateur du groupe, Chen Zhi, ainsi que plusieurs de ses associés directs. Les mesures de gel couvrent une variété de biens considérable : plus de 300 millions de dollars immobilisés sur des comptes bancaires, des bâtiments résidentiels et commerciaux, des installations de casinos, ainsi que des milliers de propriétés immobilières et de biens meubles.
Les autorités ont cartographié un réseau complexe de 198 sociétés affiliées au Prince Group. Sur ce total, 98 entités sont officiellement enregistrées au Cambodge, tandis que 100 opèrent depuis l'étranger, suggérant une structure internationale destinée à complexifier la traçabilité des fonds. L'enquête couvre la période allant de juillet 2025 à fin septembre 2026. Les enquêteurs allèguent que ces structures corporatives servaient principalement à dissimuler des opérations d'arnaques en ligne. Les chefs d'accusation portés contre les principaux suspects incluent la fraude aggravée par un groupe organisé et le blanchiment d'argent aggravé.
Des établissements de jeux au cœur de l'enquête
Vingt-huit lieux de casino ont été spécifiquement identifiés par les enquêteurs comme étant impliqués dans des activités criminelles. Selon les autorités, ces bâtiments et établissements de jeux servaient de couverture physique pour masquer la présence de centres d'arnaques en ligne opérant à grande échelle. Cette révélation intervient dans un contexte de durcissement des contrôles, le gouvernement ayant annoncé plus tôt ce mois-ci des inspections nationales des casinos afin de faire respecter l'interdiction des jeux d'argent en ligne sur le territoire.
La dimension internationale de l'affaire est marquée par une coopération étroite entre les services de renseignement. Le Cambodge partage activement des informations avec le Federal Bureau of Investigation (FBI) américain et avec le ministère chinois de la Sécurité publique. En septembre, Washington a restreint les visas de 32 individus liés au cybercrime, la plupart d'entre eux étant directement associés au Prince Group. Par ailleurs, les autorités cambodgiennes cherchent à obtenir des avis rouges d'INTERPOL pour au moins 29 autres individus qui ont fui à l'étranger pour échapper à la justice.
Une répression judiciaire d'une ampleur sans précédent
Sur la période d'investigation définie, les autorités ont examiné 910 lieux liés aux arnaques en ligne, dont 86 principaux centres d'arnaques identifiés lors de la répression. Au total, 529 affaires ont été renvoyées devant les tribunaux et 5 778 accusés ont été inculpés et détenus en attendant la suite des procédures judiciaires. Trente-deux mandats d'arrêt ont été émis, et quatre autres personnes sont actuellement sous surveillance judiciaire. Six chefs présumés du réseau — Chen Zhi, Li Song, Liu Yin, Eng Dara, Eang Soklim et Huang Ron — ont été arrêtés et renvoyés devant la justice. Les enquêteurs travaillent également à l'identification de cinq suspects supplémentaires dont l'identité reste à préciser.
L'ampleur de l'opération a également conduit au renvoi de 22 892 ressortissants étrangers provenant de 40 pays différents de ces sites. Le ministre de la Justice, Koeut Rith, avait signalé plus tôt cette année que le gouvernement avait l'intention de confisquer les actifs de Chen Zhi au profit du trésor public. Toutefois, les gels actuels ne constituent pas des confiscations finales et restent soumis aux décisions définitives des tribunaux. Les options de gestion des actifs gelés incluent une administration temporaire par l'État ou un transfert permanent de la propriété à l'État.
Pourquoi c’est important
Pour les joueurs francophones et les observateurs du secteur, cette affaire illustre la vulnérabilité des structures de casinos face aux enquêtes internationales sur le blanchiment d'argent. Le gel de près d'un milliard de dollars et la mise en cause de 28 établissements de jeux rappellent que la conformité réglementaire est un enjeu central pour la pérennité des opérateurs. Les joueurs doivent être conscients que les plateformes opérant dans des zones à risque ou sans licence claire peuvent être touchées par de telles répressions judiciaires, affectant potentiellement l'accès à leurs comptes ou les bonus promis. Cette répression renforce la nécessité pour les utilisateurs de vérifier la légitimité des opérateurs avant de.